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Bref aperçu historique

 

 
 
Méditons un peu sur cette prophétie d'un marabout peul à un colon blanc au 19eme siecle 
 
 
Le marabout lui dit :" Les Français règneront 100 ans dans le pays, comme les Peuls y ont régné 100 ans, les Dialonké 100 ans, etc. Mais alors viendra le Mahdi qui fera payer l'impôt aux blancs, puis le Démon qui piquera tout le monde avec sa lance, puis l'Ange armé de la trompette qui fera comparaitre le monde entier devant Dieu!
 
 
 
 
 
 
Un bref aperçu historique. 
 
Le roi du Mali Soundiata Keïta conquiert le Fouta-Djalon au XIIIe siècle. Au XVIe siècle, les Peuls du Sénégal apparaissent dans la région. 
 
En 1725, le savant musulman Karamoko Alfa Barry, à la tête des Peul du Fouta-Djalon, entreprend de convertir ou de chasser les païens. Les Soussous sont repoussés vers la côte de la future Guinée, les autres réduits en servage. ce fût la bataille de talansan.par la suite, Karamoko Alfa fonde un Etat théocratique État féodal, il consolide l'union de tous les peulhs et la stabilité de l'Etat en s'appuyant à la fois sur les traditions peulhs mais aussi sur les principes de l'Islam. À sa mort en 1751, le savant Ibrahima Sori Maoudo est élu à la tête des Peuls. Il repousse une forte offensive païenne des Dialonkés et des Soulima conduite par Kondé Birama, puis s’empare du Fouta-Djalon. Sa disparition en 1784 ouvre une période d'anarchie. L’État Peul du Fouta-Djalon devient une confédération groupant neuf Diwé ou (provinces). Le titre d’almani est dévolu alternativement aux descendants d’ Ibrahima Sori (Soria) et à ceux de Karamoko Alfa (Alfaya). En 1804, le pouvoir est exercé toujours alternativement, mais tous les deux ans. L'organisation de l'État se révéla 
particulièrement adéquate aux temps et à la situation en constituant, pour l'époque, un remarquable exemple de décentralisation à base de laquelle se trouvaient les Conseils de village qui élisaient leurs représentants avec consultation directe ; ceux derniers faisaient partie du grand conseil des sages qui assistait l'Almamy dans la gestion de l'ensemble du territoire. 
 
dignitaires peulhs 19siècle. 
 
 
A la fin du XVIIIe siècle, la capitale religieuse de l’État théocratique du Fouta-Djalon est Fougoumba, où est intronisé l’Almamy (de imam), qui gouverne dans la capitale politique, Timbo, assisté du Conseil des Anciens. L’élément peul domine dans un État multiethnique. La société est fortement hiérarchisée et inégalitaire, le clivage fondamental se situant entre musulmans et non-musulmans. Au sommet, se trouve l’aristocratie militaire et la classe maraboutique (lasli), puis viennent les hommes libres, puis à la base une clientèle de dépendants, serviteurs et esclaves. Les derniers sont installés dans des villages de culture, exploités au profit de l’aristocratie peul. La prospérité économique et une relative stabilité politique favoriseront la cohabitation. Le brassage des populations, l’adhésion à l’islam et aux valeurs peul favoriseront l’intégration qui aboutira à une homogénéisation ethnique. 
 
Au cours du XIXe siècle, les Peuls du Fouta-Djalon mèneront des opérations de résistance pour se protéger contre les attaques venant des régions voisines. 
 
 
Profitant de la division sur la succession au trone, les envahisseurs sous le commandement d'Alfred Dodds, occupent la capitale Timbo et le dernier almamy du Fouta indépendant Almami Bokar Biro est vaincu à la bataille de Porédaka en 1896. Les chefs du Fouta qui avaient assisté les Français, seront soit assassinés (Alfa Ibrahima Sori Yilili) soit envoyés en exil Alpha Yaya. 
 
En 1897, les Français installent un almami au Fouta-Djalon avant de démembrer la République Théocratique. Le Foutah est intégré dans sa majorité à la nouvelle colonie des Rivières du Sud qui deviendra la Guinée Française. Une partie est occupée par la Grande-Bretagne en Sierra Léone, et les Portugais s'empareront du Gaabou en Guinée Bissao. La France impose une dure occupataion militaire et instaure un esclavage appelé Travaux Forcés. 
 
Le Fouta Jallon fut un centre de culture théologique peul. Les grands poètes-théologues sont Thierno Samba Mombéya, Thierno Saadou Dalen, Thierno Aliou Bhoubha Ndian et Thierno Diawo Pellel. Ils sont considérés comme illustres personnalités issus de la noblesse du Fouta et prêchant le bon exemple (le Peul savant et pieux, fervent dans la religion). 
 
 
femme du fouta 19 siècle 
 
 
Le Timbi fut une des 9 provinces (diwés) du royaume du Fouta Djallon. A l'image des autres diwés, Timbi fut le théâtre de haut fait d'armes, de légendes, de trahison.... 
Dans ce texte nous nous efforçons de vous presenter quelques anecdotes qui en aucun cas ne constituent un résumé de l'histoire ô combien riche de Timbi et du Fouta Djallon en général. 
 
Dans le diwal de Timbi, naquît vers 1856, un parti des frères musulmans sous la direction de Thierno Iliassa de Ninguélande (a suivre....) 
 
La région de Pita qui forme avec la résidence de Télimélé le cercle de Pita, comprend sept provinces foula:  
o Timbi-Tunni  
o Timbi-Medina  
o Maci  
o Bantinhel  
o Bomboli  
o Buruwal-Tappe  
o Sokili-Foula  
Ces provinces sont peuplés par des représentants de toutes les tribus fulbhe, mais surtout par les tribus Diallubhe et Uururbhe. Elle comprend en outre un district soussou: Sokili-Soussou.  
Très attachée à l'Islam, elle est inféodée à peu près complètement au Tidianisme Omari. Elle a vu naître et fleurir de très importantes personnalités maraboutiques: Tierno Dayeejo, et Tierno Maroufou, au siècle dernier: Tierno Moawiatou Maci et Alfa Ibrahima en ces temps-ci, qui ont été des professeurs renommés, entre les mains desquels plusieurs milliers de Karamoko ont passé. Ils ont été en outre des directeurs de consciences et des pôles d'Islam très écoutés. Comme ces grands marabouts se rattachaient au grand pontife toucouleur de Dinguiraye, soit directement soit par l'intermédiaire de ses disciples immédiats, ils ont distribué son wird tidiania dans toute la région.  
En dehors du rayonnement de ces marabouts en vedette et de leurs affiliés, on ne trouve plus guère que de la poussière de Karamoko, dépendant des Cheikhs Labé. 
Il reste à signaler l'influence que le Ouali de Goumba voisin avait acquise, dans ce dernier quart de siècle, parmi les populations islamisées du Timbi et du Maci. Un certain nombre d'individus avait embrassé son Chadelisme, et les derniers Houbbou de la région étaient allés se réfugier à la misiide. Les événements de 1911 ont ramené ces transfuges au tidianisme. Il y a pourtant encore quelques Sadialiya irréductibles, petites communautés que la persécution a trouvées fidèles, qui se rattachent tant bien que mal à la Zaouïa de Tierno Mamadou Chérif Diawia, ou aux membres épars de la Zaouïa de Ndama, victime elle-même de son exubérance mystique et des craintes d'une administration qui entend fixer les règles du soufisme musulman. 
Les centres islamiques les plus réputés soit par la ferveur et l'abondance des fidèles, soit par le nombre et l'excellence des écoles coraniques sont:  
o Maci  
o Péti  
o Hakkunde Miti  
o Kokoulo  
o les deux Bantinhel et surtout Bantinhel-Tokosere  
o Bomboli  
o Buruwal Tappe  
o Timbi-Tunni  
o Diongassi  
o Médina  
o Médina Tokosere  
o Laba 
B. Tierno Moawiatou (Pita). — Tierno Moawiatou, fils de Karamoko Mamadou Saliou, de la famille peule des Surgayanke (tribu Uururbhe), est né vers 1832, dans le Maci, à la misiide même, Maci. Il a fait ses premières études auprès de son père, qui jouissait de la réputation d'un marabout lettré et qui, ayant traduit le Coran en poul-poule [Pular], l'enseignait aussi à ses élèves, conjointement avec le texte arabe. 
Le jeune Moawiatou commença aussi la théologie, à l'école de son père, dans les ouvrages de Sanoussi et de Maqaari. Après quoi, il s'en alla compléter sou instruction supérieure auprès des docteurs en renom du Fouta: Karamoko Bakel, marabout sarakollé ambulant; Tierno Amadou Dondé, dans le Labé; Tierno Mostafa Kolen, à Sombili; Karamoko HérIko, à Timbo. 
C'est par ce dernier, Tierno Hamidou de Hériko (Timbo), qu'il se fit initier à la Voie tidiania et, quelque temps après, confirmer dans les pouvoirs de moqaddem consécrateur. 
Revenu dans le Maci, il y ouvrit une école coranique, qui fut bientôt très florissante, et ne tarda pas à y annexer une école supérieure. Il n'est plus guère sorti depuis cette date; on signale seulement un voyage en Guinée portugaise, ces dernières années, à la recherche de son fils aîné, Tierno Saliou, qui s'y était installé et n'en voulait plus revenir. 
Ce professorat interrompu de soixante ans lui donne un aspect tout particulier; il s'étend abondamment en explications sur les moindres propositions qu'il avance; il émaille sa conversation de citations, de versets et de fables; il l'égaye même de petits chants arabes, ce qui donne aux entretiens qu'on a avec lui une allure tout à fait réjouissante. Il ne faudrait pas croire pour si peu qu'il soit ridicule. Ses disciples sont en adoration devant ses faits et gestes; et au surplus, ce sont là des libertés qu'autorise son grand âge, qu'explique sa longue vie de pédagogue et qu'on souhaiterait rencontrer plus souvent chez ses interlocuteurs foula, toujours si méfiants et si fermés. 
Chaikou Moawiatou possède une bonne instruction arabe et s'exprime avec assez de facilité dans la langue littéraire. Sa bibliothèque est assez bien garnie; elle ne présente d'ailleurs que les ouvrages classiques du droit, de la théorie et de la littérature arabes. 
Il connaît fort bien les principaux Cheikhs du Sénégal et de la Mauritanie, Sidïa, Saad Bouh, Hadj Malik, Amadou Bamba, reçoit leurs envoyés et entretient à l'occasion, avec eux, une petite correspondance. 
Son grand âge ne lui permet plus de professer aujourd'hui d'une façon régulière. Il est suppléé par quelques uns de ses nombreux fils: Alfa Salihou, né vers 1860; Diakariaou, né vers 1885; Boussouriou, né vers 1878; Badamassiou, né vers 1875; Souaibou, né vers 1875; Moktarou, né vers 1877; Modi Dian, né vers 1880; Billo, né vers 1882; Modi Moulay, né vers 1885; Gandou, né vers 1885; Mamadou Al-Khali et Souragata, nés vers 1890, etc. 
Le plus intéressant paraît être l'aîné, Alfa Salihou, intelligent, instruit, et qui cherche dans le commerce un supplément de ressources. Il a été quelque temps, jadis, par suite des bonnes relations de son père avec l'almamy Ahmadou, suivant d'Alfa Oumarou, fils de l'Almamy et aujourd'hui chef de la province de Timbo. 
Lui-même fait à l'occasion le mufti et le docteur de la loi. Il donne avec bonne grâce les consultations juridiques ou théologiques que viennent lui demander les Karamoko du voisinage. 
Sa fortune passe pour être considérable. 
Tierno Moawiatou parait animé de sentiments loyalistes vis-à-vis des Français. On lui a reproché, comme d'ailleurs à tous les marabouts foula, d'avoir entretenu d'excellentes relations avec le Ouali de Goumba. Il ne pouvait en être autrement, et le Ouali a été pour nous-mêmes notre meilleur ami et auxiliaire, jusqu'au revirement subit de notre politique. 
En tout cas, lors des opérations de la colonne de police dans la Fouta, en avril-mai 1911, Tierno Moawiatou fut un des rares Karamoko à ne pas prendre la fuite. Il reçut à la misiide de Maci, avec sa courtoisie peule, administrateurs et officiers, ne témoigna nullement de son effroi, examina avec intérêt les canons et obus, assista aux tirs, se fit donner des explications. 
Dans les palabres qui suivirent, il parla au nom des populations, excusa leurs craintes, reconnut que l'autorité des Français s'exerçant régulièrement, ne pouvait être mise en doute et qu'au surplus Allah avait recommandé l'obéissance aux maîtres du moment. 
Ces paroles, prononcées devant une grande foule, ainsi que l'attitude tout à fait correcte dont le marabout fit montre par la suite, contribuèrent puissamment à l'apaisement. 
C'est donc avec peine que l'on voit, quelque temps après, ce vieillard de quatre-vingts ans, condamné à 50 francs d'amende pour ne pas avoir répondu à la convocation du juge d'instruction à Conakry. Il y avait certainement d'autres moyens de recueillir sa déposition, si tant que cette déposition fût susceptible d'apporter quelque lumière dans l'affaire de Goumba. En tout cas, la pénalité était de trop. Ce ne sont pas de telles sanctions, piqûres d'épingle inutiles, qu'on prend contre des marabouts de l'envergure du Karamoko de Maci. 
Chaikou Moawiatou jouit d'une influence considérable dans le Maci, où on le considère comme un ouali, un prophète, un homme de Dieu. C'est le saint par excellence de la province. On le nomme même généralement « Tierno Maci ». Il a été un grand éducateur populaire. Il a formé coraniquement et a affilié à sa Voie tidiania plus de deux cents Karamoko, répandus à l'heure actuelle, surtout dans les régions de Pita et de Télimélé, mais aussi dans les cercles voisins de Mamou, Timbo-Ditin et Koumbia. Ils y donnent l'instruction catéchistique et les rudiments d'Islam à 1.500 enfants environ. C'est dire que tous les indigènes du Fouta occidental, Foula et Diallonké, ont pour lui une grande vénération. 
Il importe de citer les principaux de ces disciples qui ont souvent acquis eux-mêmes par leur enseignement ou leurs vertus un prestige local et dont plusieurs sont des personnages d'importance, chefs religieux de groupements tidiania.  
Dans le cercle de Pita, Province du Maci même:  
o A la misiide de Maci, foulasoo de Hoore Boowal, Tierno Mamadou, né vers 1858, qui, outre des fidèles locaux, compte quelques talibés à Sarouja, dans la province de Kébali (Ditin).  
o A Ndantari Mamadou Alfa, né vers 1855.  
o A Tiéhel, Mamadou Saliou, né vers 1872.  
o A Hakkunde Mitti Kokoulo, Yéro Bailo, né vers 1870.  
o A Ley Tangan, Alfa Mamadou, né vers 1867.  
o A Maci, Alfa Eliassa, né vers 1870, assesseur du Tribunal de province de Timbi-Madina; Modi Bhoye, né vers 1865, qui a traduit le Coran en poul-poullé [Pular]; Alfa-Bakar, né vers 1870, et Modi Mamadou, né vers 1775, tous deux assesseurs du Tribunal de province et Amadou Tari, né vers 1873.  
o A Donhol, Attaoullahi, né vers 1875, et son maître Alfa Bakar, né vers 1865.  
o A Tyewloy enfin, Tierno Gando, né vers 1850, et qui jouit dans toute la province d'une grande vénération.  
qqq. Dans la province de Buruwal-Tappe:  
o A Ley Guilé, Alfa Abdoulaye, né vers 1845.  
o A Buruwal Allaybhe, Alfa Oumarou, né vers 1868, et son maître Alfa Boubakar, né vers 1860; Mamadou Sellou, né vers 1888, et son maître Bakar Bolaro, né vers 1865.  
o A Buruwal-Tappe, Abdoulaye Radiagui, né vers 1865.  
o A Bendougou, Karamoko Ibrahima, né vers 1860.  
rrr. Dans la province de Timbi-Médina:  
o A Madina-Tokosere, Amadou Bobo, né vers 1865, et son maître Tierno Ibrahima Bemba, né vers 1855, de la famille Dialloyanke (Yirlaabhe), celui-ci personnage important, qui vient de mourir en 1912.  
sss. Dans la province de Bantinhel:  
o A Handé, Mamadou Malal, né vers 1868, et son disciple Amadou Diogo, né vers 1888.  
o A Buruwal-Hollaande, Oumarou, né vers 1855.  
o A Donhol, Sadikou, né vers 1865.  
ttt. Dans la province de Bomboli:  
o A Gongore, Alfa Amadou Tidiani, né vers 1850.  
o A Bomboli, Ahmadou Béla, né vers 1875.  
uuu. Dans la province de Timbi-Tunni:  
o A la misiide même de Timbi-Tunni, Alfa Mamadou Diongassi, né vers 1875, marabout réputé appartenant à la famille Njobboyanke (Yirlabhe), assesseur du Tribunal de province, et ses deux disciples Tierno Mahadiou, président du Tribunal, et Tierno Souleyman, assesseur au même tribunal.  
o A Dalan, Karamoko Ibrahima, né vers 1855.  
Dans la région de Télimélé, province de Touroukoun:  
o A Boukarella, Amadou Moktar, né vers 1860, à Singuéléma; d'abord initié au Qaderisme par son père Alfa Yaqouba, il est passé au Tidianisme de Tierno Moawiatou. C'est à la suite des événements de Goumba, où il fut mêlé assez activement, qu'il a opéré cette conversion. Jadis fervent des diarooje, il les a suspendues ces dernières années et cherche à les rétablir en douceur. Amadou Moktar jouit d'une grande influence dans le Kebou.  
o Dans le cercle de Koumbia, on rencontre un certain nombre de petits maîtres d'école ou individualités sans importance se réclamant de la voie de Moawiatou. 
o Dans la résidence de Ditin (cercle de Timbo):  
o A Kankalabé: Tierno Bakar, lettré des plus distingués et maître d'une école florissante de 76 élèves.  
o Dans le Boodye: Karamoko Abdourahman Boodye, maître d'école.  
o A Diangolo, Salli Abdoul, muezzin de la mosquée du village, et maître d'école.  
o A Ndantari-Hodho (Kala), Tierno Amadou, né vers 1866, qui a fait ses premières études auprès de Tierno Laminou de Bantinhel, puis les a complétées auprès du Tierno Maci, qui lui a donné le wird. Depuis quelque temps, il assure, sur la demande des notables de Kala, le service cultuel de la grande mosquée de Kala.  
C. Alfa Ibrahima (Pita). — Alfa Ibrahima, dit Modi Sori, Karamoko, né vers 1845 à Kalilamban, dans la misiide de Donghol-Ubbere, province de Timbi-Tunni (Tribu Uururbhe). Il a fait ses premières études auprès de son père Mamadou Sanoussi, et est allé les compléter par la suite auprès des docteurs en renom du Fouta, notamment auprès de Tierno Ouri, de Popodara (Labé). 
Rentré chez lui, il ouvrit une école, et continua à s'instruire, tout en correspondant avec les principaux Karamoko de la région. Son école est toujours florissante: il une trentaine d'élèves, dont vingt apprennent le Coran sous la direction d'un de ses talibés, et les autres étudient les rudiments du droit et de la théologie islamique sous sa propre direction. Il est fort instruit de tout ce qui touche aux sciences islamiques de l'instruction arabe, et en possède bien la langue. 
C'est un homme riche et très considéré, certainement le marabout le plus en vue de la province de Timbi-Tunni, et après Tierno Maci, le Karamoko le plus respecté de la région de Pita. Chef de la misiide de Donhol-Ubbere, et cousin germain de Tierno Oumar Silla, chef de province, il entretient les meilleures relations avec tous les chefs du voisinage. Il venait jadis faire régulièrement sa cour, chaque année, aux Almamys du Fouta et ceux-ci profitaient de son séjour à Timbo pour lui faire trancher des cas épineux [de justice]. Depuis plusieurs années, il n'est plus sorti de sa province. 
L'attitude d'Alfa Ibrahima vis-à-vis des Français a toujours été des plus correctes. Il est noté tranquille, obéissant et plein de bonne volonté. Sa conduite à la suite des événements de Goumba a été digne de louanges. Il s'est employé de lui-même à ramener le calme dans le pays, et a été, peu après, employé avec succès par l'administration dans sa tâche d'apaisement. 
Parmi les nombreux talibés que le Karamoko de Donhol-Ubbere compte dans la région de Pita, il faut citer les suivants, qui sont des chefs de petits groupements religieux, et pour la plupart maîtres d'écoles:  
Dans la province de Timbi-Tunni:  
à Pita, Tierno Diaïla, né vers 1895, Karamoko Doulla (surnom équivalent de Abdoulaye) né vers 1850, et Karamoko Bhoye, né vers 1845.  
A Diongassi, Karamoko Fodé, né vers 1860, Karamoko Mamadou Lamine  
A Timbi-Tunni même, Karamoko Ousmana, né vers 1860. A Dionberé, Alfa Ibrahima Diabere Yare, né vers 1875, et Mamadou Bakar Siadi, né vers 1860.  
Dans le Maci à Pété, Karamoko Souleymana, né vers 1875.  
Dans la province de Bantinhel: à Bantinhel-Mawnde, Tierno Ismaila, né vers 1870; son disciple Mamadou Billo, né vers 1872; Tierno Amadou Sana, né vers 1850 et Alibou, né vers 1855.  
Dans la région de Télimélé, province de Mamou: à Yambérin, Karamoko Mamadou, né vers 1872, un des marabouts les plus influents de la province. Originaire de Timbi-Tunni, il a quitté son pays pour venir s'installer dans le Monoma. Il avait séjourné plusieurs années dans le Koyin, suivant les leçons de son maître Abdoulaye Bademba, qu'il accompagna par la suite à Conakry. A Hollaande, Karamoko Amadou Tiawlo, né vers 1864 et son disciple Baba Amadou Samsouna, né vers 1883, tous maîtres d'écoles.  
Alfa Ibrahima Karamoko se rattache par son wird personnel à la chaîne des Tidiania algériens. Il a, en effet, été affilié à la voie par un « Chérif » du Touat, de passage dans les Timbi, il y a une cinquantaine d'années, Amadou Moktarou, disciple de Hamidou Ibnou Lamin. Ce Hamidou comptait parmi les Télamides du Cheikh Mokhtar, l'Alaoui, qui par Ali Harazin, se rattachait au fondateur de l'ordre. 
Par ses pouvoirs de Cheikh consécrateur (Moqaddem) il appartient au contraire à la chaîne d'Alfa Oumarou Rafiou, de Labé, et par ce marabout à Al-Hadj Omar lui-même.  
D. Les talibés de Tierno Dayeejo (Pita). — Tierno Dayeejo, de Timbi-Tunni (Pita), fut un des disciples les plus réputés d'Al-Hadj Omar dans le Fouta. Il était né vers 1850 et appartenait à la tribu Dayeebhe. Après avoir passé quelque temps à Dinguiraye, où il reçut le wird et les pouvoirs de moqaddem, il revint dans les Timbi, y ouvrit une école, et affilia un grand nombre de Foula à la voie omarienne. Il fut réputé le plus grand et le plus savant marabout de son temps. Il est mort vers 1880. Il a laissé plusieurs enfants qui n'ont hérité ni de sa science, ni de son prestige. 
Parmi les disciples qu'il a formés, plusieurs sont devenus à leur tour des Cheikhs de renom et ont fait école. Il faut citer:  
a. Karamoko Ibrahima Bemba, de la famille Diakanké, à Madina-Tokosere (Timbi-Madina) mort en 1912, laissant dans la région des talibés dont les plus connus sont Tierno Ismaila, Karamoko Alfa, né vers 1858, Amadou Bobo, né vers 1865.  
b. Tierno Mahadiou, de Timbi-Tunni, dont les principaux talibés maîtres d'écoles, sont Alfa Oumarou, né vers 1855, à Ninkan et Mamadou Alfa, né vers 1870, à Buruure (Timbi-Madina). Tierno Mahadiou de la famille Seriyanke (Dayeebhe), né vers 1840 à Parawi (Timbo), et qui vient de mourir à Malouko (Timbo). Instruit, âgé, pourvu d'une grande aisance, il était très respecté, dans la région de Timbo. Il dirigeait une école assez fréquentée; il a laissé plusieurs fils, dont son fils aîné, Modi Amadou, né vers 1885, maître d'école, et Tierno Ahmadou, de Harounaya (Kaba), d'origine toucouleure.  
c. Dans le Labé, Tierno Mamadou, de la famille Njobboyanke (Yirlabhe), à Labé-Dheppere (Labé), maître d'école réputé qui compte une centaine de disciples, tous plus ou moins Karamoko dans le Labé, le Pita et le Timbo. Lui-même est mort vers 1900. Les principaux de ses disciples sont:  
 Alfa Abdoulaye Buruwal, né vers 1860, à Buruwal-Baya (Timbo) de la famille Sediyanke, très lettré, chef de son village, ancien assesseur du tribunal de province de Timbo, aujourd'hui assesseur du Tribunal de cercle. Il a fait ses études successivement auprès de son père Modi Abdoul Qadiri, puis chez Tierno Ibrahima fils de Karamoko Ouri et disciple de Tierno Mamadou, puis chez Karamoko Dalen.  
 Tierno Abdou Rahimi de Koula-Mawnde (Labé), et Tierno Hadi, de Taïbata (Tougué); Tierno Lamin, né 1860, imam de la mosquée de Madina-Tokosere (Pita), Alfa Amadou Bouka, Tierno Bhoye, et Tierno Souleyman Laba (Pita); Tierno Ibrahima et son fils, Alfa Oumarou, né vers 1860, Mamadi Yéro, né vers 1876, et Tierno Ibrahima Hindi, né vers 1865, de Bantinhel (Pita), Modi Paté, né vers 1845 et Tierno Amadou, né vers 1850, à Bomboli (cercle de Pita).  
d. Province de Hériko, au village de Komadantan Tierno Mamadou Aliou, né vers 1858, de la famille Yirlaabhe. Il possède des talibés dans toute la province, et notamment à la misiide Hériko, à Mangakouloum, au foulasoo Dogué, au foulasoo Kouradante, au foulasso Donhel, et à Ley Ndantaari. Désireux de prendre la place du chef de province, il suscita contre lui des plaintes injustifiées, qui lui valurent une condamnation à un mois d'emprisonnement.  
e. Province de la Kassa-Saala, à Diari, Tierno Ibrahima, né vers 1850, de la famille des Ngeriyanke (Yirlabhe), imam de la mosquée de Diari. Il dirige une école coranique florissante, et compte de nombreux talibés dans la province, où on le considère comme un éducateur de choix et comme un saint marabout. Ses principaux disciples sont à Diari même, à Gadha-Diase, à Gete, à Hollaande et à Hoore-Tyangii.  
E. Tierno Maroufou (Pita).—Tierno Maroufou était un Foula que l'éclat des succès guerriers et le prestige religieux d'Al-Hadj Omar attirèrent à Dinguiraye vers 1850. Il y reçut un complément d'instruction islamique et le wird tidiani. 
Rentré dans le Timbi-Médina, il y professa de longues années, et mourut vers 1880. 
Son fils, Alfa Oumarou, installé à Niali (Timbi-Madina) le remplaça; il est mort, il y a quelques années, laissant un petit nombre de talibés. Les deux principaux groupements sont  
a. celui de Mali, dirigé par le Karamoko Mamadou Bobo, né vers 1870, dont l'école coranique est très fréquentée;  
b. Celui de Hoore-Wendu (région de Télimélé), dont le chef est Mamadou Mango, né vers 1867, maître d'école. Sur la foi des accusations des chefs Soussou de Kébou, on a reproché à ce Karamoko une attitude anti-française, lors des événements de Goumba. Sa conduite est, en tout cas irréprochable depuis cette date. (A SUIVRE) 
 

Le dimanche 17 mai 2009 à 23h59 dans histoire
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